anastasia
Des fois mes rêves
Le 30/06/2012
Des fois j’ai envie de poser des questions connes : où commence ma vie et où finit le rêve ? ou vice versa…Pénible de ne pas savoir avec certitude… D’abord la certitude, autre connerie et grosse celle-là digne d’un homme d’état. C’est quoi un homme d’état ? Cela veut dire dans quel état il veut nous enfoncer ? Ou alors état second ou et ta mère ? Etat providence, éta-gère,etc, etc.
Pas envie de vivre le réel. Et qui me garantit vraiment que le réel existe là devant moi et que je suis en train de le vivre ? Je passe beaucoup de temps à dormir, donc à rêver et quand je ne dors pas je rêvasse à tort et à travers partout, dans la rue, en attendant tout et n’importe quoi (chez le docteur, dans le bus, en marchant, en regardant la tv), bref la plupart de ma vie je la passe sur des rails parallèles juste à côté du trivial quotidien, pas assez loin de lui mais ni dedans. Enfin, je l’espère. Comme toute pétasse frustrée et non achevée de tous angles qu’on me regarde, je me crois digne d’un destin non meilleur mais différent. Et comme il n’existe pas je le crée. Fière, très fière de ma création de roman de gare, de roman photo (est-ce que cela existe encore ?) de conte de (petite) fée, de fable pour oligophrène. Bé, je suis comme je suis !
Le REEL parlons-en ! Ce qui est réel je vous le dis crûment : (là je trempe beaucoup, mais beaucoup dans « LA Chute » de Camus. Vous connaissez j’espère sinon vous faites vraiment plouc). Donc : j’étais jolie, plus que ça même, coquinement intelligente et vaguement perverse. Allez, tous vous l’êtes un peu enfant ou adulte, chacun son chat à fouetter ! J’ai pris du bon temps (pas si bon des fois) j’ai mené des garçons imbéciles par le bout de leur nez et de moins jeunes par le bout …soyons correcte ! Ca marchait du tonnerre et cela paraissait évident que cela continuera jusqu’à la fin de quoi je n’y pensais pas du tout. Des roulettes, je vous dis, ça glissait comme sur le parquet super ciré de ma tante que je tenais en confidence pour lui donner l’impression de vivre avec moi une deuxième jeunesse ce qui laissait le champs libre à toutes mes folies !Naïve que j’étais ! De nos jours, ne pas avoir baisé à 13 ans passe pour une cruche et ne pas gruger un vieux pour une faute irrécupérable (ce qui est vrai, le temps passe trop vite et comme on dit après c’est trop tard !)
Rêvons donc : pas plus tard que cette nuit j’ai rêvé - évidemment mêlant une vague et lointaine réalité à l’absurde le plus incongru - que je me trouvais accompagnée par des familiers dans une loge d’artiste (après ou avant le concert ?) devant ce qui je sentais de tout mon être mon idole ! P.D. ! Le comble, je n’ai jamais sciemment du moins fantasmée sur lui, le trouvant franchement « don juan finement ridicule », sans « classe »etc, lui reconnaissant tout de même un talent et un savoir charismatique certain. Mais là dans mon rêve j’étais totalement « à ses pieds » et sur le point de succomber avec extase à ses molles avances (il semblait qu’on avait déjà « consommé » certaines intimités) n’attendant que le moment de m’offrir de nouveau à celui qui de toute évidence avait d’autres chats à fouetter comme par exemple – et là intervient le côté cocasse – arranger son costume, rentrer sa chemise et oh ! surprise ! ( j’entraperçois) remettre ces…couches !!! Petites misères d’un homme âgé et pas très appétissant ! Soudain au lieu de mon envie sexuellement enivrante surgit une espèce de compassion complice qui bizarrement me montait à son niveau, moi jusqu’alors petite mouche du coche ou vieille téléphage fantasmant sur une idole d’écran plat ! J’étais devenue protectrice, maternelle presque, attendrie sûrement. Et hop ! il s’envola mon rêve (aidé un peu par la présence devinée de l’épouse qui commença à le nourrir en lui présentant des fruits exotiques !!!) vers d’autres banalités dont j’ai tellement l’habitude, mes nuits étant peuplées de mes ennuis quotidiens présents ou passés sans fantaisie aucune me laissant au réveil le goût amer de la défaite, du ratage absolu d’une vie passée sur les mauvais rails. Un train de banlieue et encore sur la voie de garage, une misère, quoi ! Mes rêves éveillés ne valent guère mieux, je suis incapable de me détacher de l’imaginaire commun ! Je me vois grande cantatrice (j’aime l’Opéra, mon idole est la Callas, même en cela je suis banale), adulée par le peuple des salles (donc par des ploucs snobs et totalement incultes parsemés par mégarde de vrais connaisseurs sans pouvoir de décision aucune sur la qualité des prestations auxquelles ils assistent impuissants mais complices) affublée d’un mari superbement célèbre lui aussi ( là j’ai mon choix, copie conforme aux bêtises que j’ai faites dans la vie – on se refait pas ! un gars costaud, beau comme un camion et tout aussi délicat et fiable) ! J’assume toujours dans mon con de rêve le sort qui va avec : la jalousie professionnelle de mon mec, ses trahisons vraies ou supposées, un amour caché et impossible( ce qui le rend éternellement fascinant) et d’autres pénibilités de ce genre qui me font oublier que j’ai vieillie, que personne ne me regarde plus, que c’est FINI pour de bon, qu’ il ne me reste comme amour comme bien disait ma mère « personne ne t’a aimé et ne t’aimera jamais comme ton chien » ! Hélas, il se fait vieux mon chien, près de sa sortie, et mon âme mourra une énième fois avec lui me laissant encore plus vide, plus vieille, plus désespérée. Je crois que bientôt je ne pourrai plus rêver ni couchée ni éveillée et alors, vraiment alors je serai pour de bon MORTE.
Tu sais quoi ? Tant pis !
Je suis en plein « réel » ce que je déteste le plus ! Mon ex (le vrai, ni beau comme un camion, ni fiable) a trahi tout : mon passé, mon présent et dynamité mon avenir. Et tout cela avec un seul coup comme au bowling ! Magistral le bougre ! Pleurnichard à la commande, faisant appel à ma seule qualité indestructible : la responsabilité ! Enfin, une sorte de responsabilité mal placée bien enchevêtrée dans des ennuis qui dépassent souvent la commune résistance d’une « femelle délicate ». Le courage d’affronter seule la tempête ne me fait pas défaut mais la fatigue…la fatigue, la nostalgie et le remords d’avoir fait les mauvais choix font de moi une proie facile qu’il sait exploiter à souhait. Maternelle quand il ne le faut pas, casquant argent et énergie pour une réalité pourrie truffée de mensonges et faux semblants ! En plus C’EST LUI qui s’érige en VICTIME DU SORT CONTRAIRE (les combines choisies ont foiré lamentablement). ET GRAVE DE GRAVE sur le point d’être attendrie définitivement par son lot de malheurs dont j’étais à cent lieux de soupçonner le vrai contenu. (roman de gare vous dis-je)
Et soudain, la Chance ou l’Ange protecteur ! Qu’il soit béni, il intervient au dernier moment mais il est bien efficace ! Sauvée par le gong ! Ou les nouvelles techniques. Mon Ange a guidé mon doigt pour appuyer sur le bon bouton et au bon endroit. Pourvou que ça doure !
Demain c’est le 14 déc. 2011 ! Tiens bon ma vieille, l’Ange ne passe pas tous les jours !
C’est drôle tout de même qu’en découvrant le pot aux roses j’ai éprouvé une vraie honte, une salissante humiliation à lire cette petite littérature internaute qu’un lycéen boutonneux d’aujourd’hui n’oserait même pas envoyer en courriel à sa dulcinée du moment ! Des vraies envolées lyriques touchantes dans leur banalité mais suintant depuis chaque faute d’orthographe (Oh ! parce qu’il y avait des masses !!! à l’école –quand on y va _ on nous apprend presque tout sauf les sentiments) de sincérité, chaque nouvelle flamme sonnait comme un désespéré appel à la –soyons francs- copulation mais vue comme un engagement total , enfin comme le conçoivent les gosses : « je prendrai soin de toi jusqu’à mon dernier souffle, je t’aime de toutes mes forces (là il y allait un peu fort parce que de force il lui en manque beaucoup !) tu es mon seul rêve, sans toi je ne suis rien… » et vas-y que je te chante l’éternel « tube » ringard et rigolo d’un petit amour bourgeois et par-dessus le marché DEFINITIF comme si cela existait !!!
Douche glaciale mes compères ! La réalité en plein dans le nez, triviale, sans grâce, sans fantaisie, horriblement prévisible donc insultante à mort pour mon cœur battant les campagnes parsemées des fleurs vénéneuses d’un amour fou ! Et impossible de surcroit ! Me v’la poussée brutalement à dévaler l’escalier sordide menant –horreur - à la plus banale des réalités ! T’as lié ton sort matrimonial à un petit homme, avec de petits rêves, de petites forces et autres détails qui forcément sont petits aussi.
Et le bouquet dans tout ça ? Nos sorts liés par je ne sais quel sortilège, moi essayant de surnager vers un air plus respirable, lui tirant vers le bas à cause du poids de ses mésaventures (elles ont évidemment mal fini, pas folles les guêpes !!) vers son terrain à lui où les rêves qui poussent ressemblent étrangement à un feuilleton brésilien. Bon, direz-vous il y a des acteurs dans les deux variantes, alors de quoi te plains –tu ? Du casting ? Du scénario ? Allume la TV, lis les journaux, sors un peu dans la rue et tout deviendra le bal de la soupe populaire ! plus vite on s’habitue, mieux ça vaudra !
Mais voilà, point d’habitude, nenni le repos de l’oubli, mon cœur, que dis-je ? mon corps tout entier crie à l’humiliation, à la stupide, inutile et tardive vengeance sans pouvoir (ou vouloir ?) faire le moindre petit pas vers l’apaisement de mon âme.
QUE FAIRE MESDAMES ET MESSIEURS ? PAR OU LA SORTIE ?
Je vous le demande parce que je SAIS que vous tous vous êtes passés par là (enfin, avec des variantes) et que vous y avez survécus. Eh oui, mais les solutions de tout un chacun plongent dans la cliché le plus absolu et CA je ne puis l’admettre. Donc ??????
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Pas mal, ba chiar mishto. Ar merita s-o publici.